Réfléchir pour agir [n°32]
   
 
 
 
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Réfléchir pour agir

La main-d’oeuvre étrangère pendant la Première Guerre mondiale

par Franck L’Hospitalier

lundi 20 juillet 2015, par Franck L’Hospitalier

Comment les Etats en guerre (exemple de la France et de la Grande-Bretagne) ont organisé l’immigration étrangère et coloniale durant la Première Guerre mondiale.

 <span style="text-decoration:underline;">ÉCLAIRAGE</span>

Cette question montre à quel point la guerre a mobilisé les sociétés européennes, notamment la France et la Grande-Bretagne, en faisant appel à une main-d’œuvre étrangère et issue de leurs colonies africaines et asiatiques.

 <span style="text-decoration:underline;">CONTEXTE HISTORIQUE</span>

La Première Guerre mondiale marque les débuts d’une immigration organisée par l’État : étrangers et coloniaux prennent, dans certains secteurs, la relève des travailleurs français partis au front. Il organise leur venue, leur présence sur le territoire national.
La France fait d’abord appel aux “indigènes” de l’Empire en renfort de ses troupes sur les fronts européens. Les uns se battent aux côtés des poilus tandis que les autres travaillent dans les usines de guerre. Le Service d’Organisation des Travailleurs Coloniaux (SOTC) est créé en 1916 et placé sous la tutelle du Ministère de la Guerre. Il organise le recours à la main-d’œuvre coloniale pour remplacer les hommes partis au front.
Quant aux migrants étrangers, majoritairement d’origine européenne, leur situation est différente. Ils sont plus d’un million en France en 1914. Certains sont placés sous le contrôle de l’administration policière parce qu’ils sont ressortissants de nations ennemies.
La pénurie de travailleurs dans l’agriculture et dans les usines de guerre oblige l’État français à recruter en masse de nouveaux immigrants à partir de 1916. Le Service central de la main-d’œuvre étrangère, créé dans ce but, ne dépend pas du Ministère de la Guerre, comme le SOTC, mais du sous-secrétariat à l’Armement. Ces immigrés sont recrutés sur la base du volontariat, en vertu des accords que la France a passés avec leurs pays d’origine principalement l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce. De 1915 à 1918, 440 000 étrangers sont ainsi introduits en France, un tiers dans l’agriculture.

 <span style="text-decoration:underline;">DANS LES PROGRAMMES</span>

Au collège, classe de Troisième
II - GUERRES MONDIALES ET RÉGIMES TOTALITAIRES (1914-1945)
(environ 25% du temps consacré à l’histoire)
Thème 1 - LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE : VERS UNE GUERRE TOTALE (1914-1918)

Au lycée
- En premières ES et L, dans la partie "Questions pour comprendre le XXe siècle du programme" le second thème est consacré à cette réflexion (Thème 2 – La guerre au XXe siècle).
- En première S, dans la partie "Questions pour comprendre le XXe siècle", le thème 2 est en partie consacré à cette réflexion (Thème 2 – La guerre et les régimes totalitaires / La Première Guerre mondiale – L’expérience combattante dans une guerre totale).
- En premières STMG et STSS, le thème 2 (Guerre et paix 1914-1945) est consacré à la question.

 <span style="text-decoration:underline;">RESSOURCES PÉDAGOGIQUES SUR LA MAIN-D'OEUVRE ETRANGÈRE</span>

Marc Michel, « Mythes et réalités du concours colonial : soldats et travailleurs d’Outre-mer dans la guerre française », dans Jean-Jacques Becker et Stéphane Audoin-Rouzeau, Les Sociétés européennes et la guerre de 1914-1918, Université Paris X-Nanterre, 1900.

Laurent Dornel, Les usages du racialisme. Le cas de la main-d’œuvre coloniale en France pendant la Première Guerre mondiale. Genèses, n° 20, septembre 1995, p.48-72.

Commencer par :

Dossier thématique de la Cité de l’immigration : Les étrangers dans les guerres en France.
http://www.histoire-immigration.fr/histoire-de-l-immigration/dossiers/les-etrangers-dans-les-guerres-en-france.

Poursuivre par :

Présentation par J.F. Jagielski de l’article de Stowall Tyler, « The Color Line behind the Lines : Racial Violence in France during the Great War », The American Historical Review, vol. 103, juin 1998, pp. 737-769. http://www.crid1418.org/bibliographie/commentaires/stowall_jagielski.htm

Colloque ENS 2006 :
http://ens-web3.ens-lsh.fr/colloques/france-algerie/communication.php3?id_article=270
Gérard Noiriel, Émigration coloniale et immigration étrangère. Pourquoi dire « é »migration pour les colonies et « i »mmigration pour les autres ? L’exemple des Algériens et des Italiens sous la IIIe République.

Sur l’organisation de l’immigration en France :
http://www.histoire-immigration.fr/dix-themes-pour-connaitre-deux-siecles-d-histoire-de-l-immigration/au-travail/l-organisation-de-l-immigration

Une étude régionale :
Patricia Antonov-Zafirov, Pierre Graverol, Laetitia Baudrain, Atlas des populations immigrées de la région Nord-Pas-de-Calais.
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=19&ref_id=10988

Article de presse sur Aujourd’hui, la Chine par Lily Eclimont, « Les Chinois oubliés de la Première Guerre mondiale, travailleurs anonymes de la République Française », 10/11/2011.
http://chine.aujourdhuilemonde.com/les-chinois-oublies-de-la-premiere-guerre-mondiale-travailleurs-anonymes-de-la-republique-francaise

Iconographie :
Site sur la mémoire de l’immigration étrangère à Saint-Chamond
http://www.forez-info.com/encyclopedie/memoire-et-patrimoine/4361-memoires-dimmigres-a-saint-chamond.html

Filmographie :
La Force noire. Réalisateurs : Eric Deroo et Antoine Champeaux. Production : ECPAD. Bonus : L’aide des colonies à la France. Document d’archives tourné par Henri Desfontaines en 1918.

Franck L’hospitalier, professeur au collège Charles Péguy de Verneuil l’étang (77)