Réfléchir pour agir [n°29]
   
 
 
 
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Réfléchir pour agir

Les capacités dans les programmes de géographie

mardi 21 décembre 2010, par Danielle CHAMPIGNY

Les capacités sont de trois ordres : la maîtrise progressive des langages – oral, écrit, images- avec une place particulière accordée au langage cartographique, le développement d’une activité intellectuelle autonome et la maîtrise de l’espace (localiser et situer). Les deux premières capacités, sans lesquelles aucune autre ne peut être construite ou évaluée, peuvent être qualifiées de « surplombantes ».

 I- Communiquer à l'oral ou à l'écrit

La première de ces capacités apparaît dans les programmes sous différentes formes, de la description, celle d’un paysage par exemple, à la construction d’un discours explicatif et/ou argumentatif (expliquer à autrui à l’oral et à l’écrit..) en passant même par le récit que la géographie permet de développer aussi bien que l’histoire : raconter à autrui, à l’oral ou à l’écrit un itinéraire, le trajet d‘un migrant en employant un vocabulaire adapté …(cf.fiche travailler l’écrit). L’élève n’écrit pas pour écrire et ne parle pas pour parler mais pour transmettre une information une explication, une analyse. La capacité à communiquer n’est ainsi dans les programmes, jamais séparée de l’objet de communication et du vocabulaire géographique à utiliser pour la rendre efficace. La réalisation d’un croquis et de sa légende, dont l’apprentissage débute dès les premières leçons de classe de sixième et se poursuit jusqu’en troisième, doit être perçue comme un outil de communication à l’égal du texte écrit ou du discours oral.

 II- Développer une activité intellectuelle autonome

Le développement de cette capacité rejoint le souhait des concepteurs du programme de parvenir à rompre avec la pratique du questionnement fermé et haché illustré par la fiche d’activités qui n’offre à l’élève ni la possibilité d’une véritable rédaction ni celle de la construction d’un discours suivi. L’accent a donc été mis sur les conditions d’une réelle mise en activité intellectuelle de l’élève en le confrontant à une situation du quotidien ou à un enjeu plus vaste, afin qu’il pose et se pose des questions, formule des hypothèses et cherche à y apporter des réponses. L’accession à l’autonomie intellectuelle de l’élève passe, entre autres, par cet entraînement permanent au questionnement ouvert et critique.

 III – Localiser et situer

Avec « localiser et situer », les programmes ont accordé une place essentielle aux capacités d’ordre géographique ou spatial. Ce sont l’acquisition et la maîtrise progressive du langage cartographique et de l’espace qui sont clairement visées pour les élèves. En effet, ces capacités ne s’apparentent pas à des « savoir-faire » qui, déconnectés des contenus des programmes, pourraient faire l’objet de séances de méthodologie. Bien au contraire, elles sont indissociables des contenus qui les mettent en œuvre. Leur formulation, répétitive au cours des quatre années du collège, suppose que ces capacités soient reprises, mobilisées et enrichies selon une progression de la sixième à la troisième. Leur acquisition par l’élève doit être centrale dans le projet pédagogique… cela suppose que ce dernier mette en œuvre des situations d’apprentissage et d’évaluation qui les intègrent, en recourant tout particulièrement aux cartes et aux images.

Ces deux capacités fondamentales visent à rendre un élève capable, à travers la connaissance et la pratique de son espace proche, puis d’espaces plus lointains, de localiser et de situer les lieux dans l’espace géographique, en maîtrisant distances et échelles.