Focus [n°29]
   
 
 
 
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Quelques pistes pour lire le progamme de géographie de sixième

mardi 21 décembre 2010, par Danielle CHAMPIGNY

La terre, planète « habitée »

« La terre planète habitée ». Ce thème générique oriente toute la réflexion présidant à la mise en œuvre du programme de géographie de sixième. Notons en outre qu’il ne peut être dissocié de la troisième partie du programme d’éducation civique « l’habitant ».

La réflexion sur « l’homme-habitant », n’est pas récente et recoupe depuis longtemps les préoccupations des philosophes, des anthropologues, des ethnologues, des historiens et bien sûr des géographes. Il n’est pas question de parcourir les étapes de l’évolution de ce concept et de rouvrir les débats qu’il a suscités, de Martin Heidegger à Henri Lefebvre, Maurice Le Lannou, Eric Dardel ou Augustin Berque pour ne citer que les plus célèbres des philosophes, sociologues et géographes qui ont alimenté la réflexion à ce sujet. Plus simplement ici, il s’agit de définir en quoi et comment l’étude des « modes d’habiter » permet de faire entrer des élèves de sixième dans le raisonnement géographique et la connaissance des relations que les individus et les sociétés entretiennent avec l’espace, à différentes échelles.

« La terre, planète habitée » circonscrit en première analyse l’espace d’étude du géographe : l’écoumène, là où sont les hommes. Ce « là où sont les hommes » est d’abord pour l’élève un « là où je suis », première partie du programme. Viennent ensuite le repérage et l’étude d’un, puis des grands foyers de peuplement où se concentre, dans les villes, dans le monde rural et largement sur les littoraux, l’écrasante majorité de la population mondiale. Toutefois, toute la planète est désormais sinon densément occupée et durablement habitée, du moins connue, appropriée, parcourue et en tout état de cause marquée par les activités humaines, des glaces polaires au coeur des océans et des déserts. C’est en ce sens, et ce sens seulement, que ces espaces « aux limites » intéressent le géographe. Ils font l’objet de la sixième partie du programme.

 Mon espace proche, paysages et territoire.

C’est dans l’optique d’habiter son territoire, que doit être lu et compris ce premier thème.

Entrer au collège signifie dans la plupart des cas pour l’élève changer de paysage quotidien et élargir son territoire. En passant de l’école primaire, nécessairement proche, au collège, souvent plus lointain, voire franchement éloigné lorsqu’il suppose un transport scolaire, l’élève « n’habite » plus de la même manière son territoire quotidien, celui de sa ville ou de sa commune. En outre, passant de l’enfance à l’adolescence, il voit aussi s’élargir son territoire au fur et à mesure qu’évoluent ses activités, en particulier de loisir, sa consommation qu’il s’agisse de biens matériels ou culturels.

Habiter renvoie à « la connaissance sans cesse plus affinée des multiples relations entre les hommes et les lieux où ils vivent. » (Maurice LE LANNOU) ou, dit avec les mots de la géographie contemporaine, « se caractérise par une forte interactivité entre [les acteurs] et l’espace dans lequel ils évoluent » et « peut constituer une manière de décrire l’espace » (Jacques LEVY-Michel LUSSEAU). « Les lieux où ils vivent », « l’espace dans lequel ils évoluent » se matérialisent d’abord pour les élèves par des paysages et constituent leur territoire.